Otages des avidités humaines
Je n’y étais pas et je n’y suis pas. Je vois ça de très loin, et je ne peux pas m’empêcher de penser que politiquement et « démocratiquement », rien n’ira jamais au pays… Entre un mal(e) et un autre, comment peut-on faire un choix sensé ?
Beaucoup ont écrit des choses plus fondées, plus précises et je n’ai pas la prétention de m’ériger en nouvelle plume experte de la crise à Mada…
Ce que je vois, de ma fenêtre à des milliers de kilomètres c’est un président dictat, qui a confondu le pays avec son entreprise prospère, et qui s’est nommé Dieu-de-Mada, maître suprême de l’exécutif, du législatif, du judiciaire et haut-fonctionnaire des autorités religieuses, puisque dans son omniscience ambiante, il a certainement toutes les qualités, toute la connaissance et l’objectivité pour régner tout azimut sur le pays. Ce que je vois de ma fenêtre c’est un président qui a cessé de faire jouer la concurrence, en octroyant automatiquement tous les grands marchés à sa super-société-qui-fait-tout. C’est un président qui a vendu la moitié des terres cultivables de sa société nation à une entreprise étrangère, pour y faire cultiver du maïs transgénique à destination unique de la Corée, c’est un président qui a renvoyé un haut émissaire étranger pour conjurer son mauvais œil.
C’est un président qui finalement ne maîtrise à merveilles que la production laitière et qui a pris goût au pouvoir, comme tout le monde.
Ce que je vois de ma fenêtre à des milliers de kilomètres, c’est aussi un maire, aussi ambitieux et cupide que le président dictat, « défenseur » de la démocratie dont la première action a été de s’autoproclamer gestionnaire du pays, parce que contrairement à Dieu-de-Mada au pouvoir actuellement, lui ne parle que pour le peuple, bien évidemment. Ce que je vois de ma fenêtre c’est un maire, qui depuis le début de son mandat un an auparavant, n’a pas réellement fait parler de lui (en bien ou en mal d’ailleurs), mais qui, au moment où l’on touche à sa fortune personnelle, prône subitement la défense de la liberté d’expression. C’est un maire qui enclenche des manifestations pour se soulever contre le pouvoir en place mais qui n’a rien d’autre à proposer pour l’avenir du pays que ces aspirations personnelles et son désir de gloire.
C’est un maire qui finalement aurait mieux fait de continuer à prospérer dans l’événementiel et la vente d’espaces publicitaires plutôt que de faire le beau sur la place publique en mettant en exergue des principes qu’il n’applique pas lui-même.
Je ne suis pas un politique et je suis peut-être d’une naïveté affligeante… Je constate jusque que dans notre cher pays où plus de ¾ de la population vit tant bien que mal, des hommes osent crier être la voix du peuple et ne vouloir que son bien, pour assouvir des desseins purement orgueilleux. Comme dans beaucoup d’autres pays, ce « peuple » se retrouve otage de la connerie lutte politique et de la voracité grandissante d’hommes dont l’objectif est de s’enrichir encore plus (pour pouvoir se parer de beaux billets lors de leurs funérailles sans doute), et dont les conséquences sont la mort de ce même peuple.
Rien ne peut justifier la violence et le sang, ni la liberté, ni la démocratie, ni la justice. Rien ne peut justifier que l’on manipule un peuple dont le seul objectif est de pouvoir manger. Rien ne peut justifier qu’en tant qu’homme, on puisse se croire au-dessus de tous les autres.
Est-il possible qu’un jour quelqu’un puisse se soucier un minima réellement de l’avenir politique des Malgaches ? Je commence de moins en moins à y croire… moi qui, par facilité et pour ne pas avoir à affronter la réalité , ai préféré partir à des milliers de kilomètres…
Chacun son vice ?

(c)
Rien de bien nouveau sous le soleil… Quand on se rendra compte que le problème de la société, c’est nous-mêmes: notre cupidité, nos jalousies, nos désirs de toute puissance et d’écraser l’autre… quand on se rendra compte de tout ça, peut-être qu’on pourra avancer. Au lieu d’haranguer la foule afin d’assouvir sa propre cupridité…
Pffff, on n’est pas sortis !